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Un Vent de Changement [Matt]

 :: New York City :: QUEENS :: Astoria Heights
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Second Salemer


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Sujet: Un Vent de Changement [Matt]   Sam 9 Juil - 12:25
Un Vent de Changement

« Il m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… pas du tout. »
Kath fixa la tige d’une marguerite dépossédée de ses apparats, qu’elle roulait entre ses doigts. Le dernier pétale qu’elle venait d’ôter tomba délicatement sur le sol. *Impossible*, contesta-t-elle incrédule. Elle avait effeuillé sept fleurs, et à sept reprise, la même sentence : l’implacable « pas-du-tout ». Le hasard n’était pourtant pas de nature si constante ! Fallait-il y voir un mauvais présage ? *Non. Ce jeu est simplement stupide*, conclut-elle en cassant sèchement la tige en deux.

« Envisages-tu un pot-pourri de fleurs fraîches ? »
N’ayant pas entendu quelqu’un entrer dans le salon, la jeune fille eut un tressaillement de surprise. Elle esquissa un maigre sourire pour saluer son père. Sans grandement prêter attention à sa fille, Irwin s’installa placidement dans son fauteuil. D’un geste franc, il déplia un journal devant lui. Il aimait à la fin de sa journée parcourir plus rigoureusement les articles qu’il n’avait eu que le temps de lire en diagonale au petit-déjeuner.

Kate descendit les yeux à ses pieds. Elle constata, catastrophée, le saccage dont elle était coupable. Roses, marguerites, anémones, qu’importe la variété, les fleurs du bouquet avaient toutes subi le même triste sort. À présent désolée de les avoir prises comme défouloir de sa frustration, la brunette se baissa et commença à ramasser pétale par pétale. Son père lui avait suggéré une bonne idée pour rattraper le dommage. Un bruissement de papier accompagna le mouvement d’Irwin, qui s’était détaché de son journal pour épier Kitty, étrangement silencieuse. Habituellement, elle leur épargnait un tour de chauffe et le bombardait directement de ses moindres péripéties durant leur temps à part. Il avait noté un air maussade qui s’était installé en elle depuis ces dernières semaines, alors que les festivités de fin d’année approchaient. Quelque chose la tracassait-elle ? Son regard appréciateur se posa sur le bouquet, ma foi quelque peu dégarni.
« Charmante attention de ton fiancé. », souligna-t-il le beau geste de son futur gendre. Cette expression de romantisme était assez rare de la part du garçon pour être relevée.
Katie se renfrogna sous le coup de poignard que son père venait involontairement de lui asséner.
« Elles ne viennent pas Matthew. », bougonna-t-elle en réprimant toute son humeur chagrine d’éclater.
« Ah non ? Serais-tu la convoitise d’un admirateur transi ? »
Le visage d’Irwin affiche un brin d’étonnement, mais surtout de la perplexité. Il ne comprenait pas l’air dépité de sa fille. Il aurait pensé qu’au contraire, les jeunes filles étaient aux anges et flattée d’être l’objet d’une ardeur, même celle d’un inconnu. C’est que l’homme ignore qu’il tournait et retournait le couteau dans la plaie ! Le bouquet de fleurs non seulement n’avait pas été envoyé par le promis de Kath, mais comble de tout, les fleurs ne lui étaient même pas destinées !
« Elles sont pour vous. Encore. De la part de Miss Crashaw, cette fois. »
Y avait de quoi être vexé, non ? Avec un fiancé dans la poche, elle demeurait moins courtisée que son père !

Il fallu un temps au politicien pour concevoir le bien-fondé de la crise de sa fille… et encore ! Pourtant en politique, son esprit était affuté quand il s’agissait de déceler les aspirations de ses concitoyens.
« Quelle demoiselle envierait-elle un bouquet quand on lui réserve une sortie au restaurant ? », lança-t-il finalement avec un sourire, qu’il espérait communicatif. Il détestait voir l’attristement sur le minois de Kitty.
« Une sortie... ? »
Comme un rendez-vous en tête-à-tête… ? Mais oui voilà, le coup de fouet dont elle avait besoin pour décanter une situation ensablée ! Promptement Kathleen se redressa et entrechoqua ses mains qui s’entrelacèrent comme pour une prière. Toute à son excitation, elle ne remarqua pas qu’elle broyait les pétales qu’elle collectait soigneusement une seconde plus tôt.
« Oh la merveilleuse surprise ! L’invitation est pour ce soir ? »
Tout heureux de retrouver une Kitty à l’enthousiasme débordant, Irwin opina de la tête pour confirmer. Ce soir, il avait déjà une rencontre de prévu, mais cela ne le gênait pas d’annuler.
« Dire que j’ai pensé une minute rompre mes fiançailles. Quelle folle idée. », rit-elle de bon cœur, tandis que son père redevint perplexe. « Quelle heure est-il.. Mon dieu 17h, déjà ! Il faut que je monte me préparer ! »
Elle prit congé sans ambages. Calé dans son fauteuil, Irwin éprouva de l’embarras. L’invitation au restaurant était de sa part, et non de Matthew. Visiblement, Kitty s’était méprise… N’ayant pas à cœur de la détromper, il sonna son majordome Robert Coyle.
« Pouvez-vous téléphoner chez Mr Matthew Van Solder. Dites-lui que j’ai besoin de le voir ici à 19h. Précisez-lui que c’est important. Merci Coyle. »
Pour les détails, il en toucherait un mot au jeune homme à son arrivée... et peut-être qu’il lui rappellerait à ses devoirs de fiancé.

Ce dont son père était loin de se douter, c’est que Katie montaient dans sa chambre avec un petit sourire en coin qui ornait ses lèvres. C’était totalement délibéré que la mignonnette avait tourné à sa convenance l’invitation de son père. Elle le savait détenir une certaine autorité sur Matthew, et cela ne la gênait nullement d’y recourir. Aux grands maux les grands remèdes ! Depuis à peu près deux ans qu’ils étaient fiancés, les soi-disant tourtereaux avaient à tout casser une bise à leur actif. Jamais seul à seul ; leur relation était au point mort et pour Katie, cela devait bouger. *Encore faudrait-il que je puisse tempérer la nervosité qui me submerge quand nos regards se croisent…*
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Sujet: Re: Un Vent de Changement [Matt]   Sam 9 Juil - 15:09
Ce matin là, Matthew s'était levé tard. Très tard. Trop tard. Pourquoi très tard ? Parce qu'il avait fait le fête à l'Apollonide jusqu'à pas d'heure pour l'anniversaire d'un grand mania de la bourse. Pourquoi trop tard ? Parce que Matt avait toujours beaucoup de choses à faire, et que la moindre minute perdue pouvait avoir de lourdes conséquences. Il se leva donc en trombe, enfila un costume noir tout à fait classique et s'il prit le temps d'avaler un café c'était uniquement parce qu'il avait l'espoir que cela ferait passer plus vite sa gueule de bois. Il ne faut pas oublier que c'était pratiquement seul qu'il faisait tourner la boutique. Il recrutait les filles, il devait gérer personnellement l'approvisionnement en alcool - puisqu'il avait un deal avec le proprio d'un bar à New York, tout les matins il devait s'assurer que l'argent était bien rentré la veille. Sans compter qu'il devait toujours être le dernier couché, pour tenir compagnie aux grands pontes pendant que ces derniers attendaient leurs voitures. Plus les problèmes administratifs... Plus les litiges et les conflits qui avaient lieu de temps à autre dans la maison close... Cela faisait beaucoup de choses pour un seul homme. Sans compter que cet homme avait aussi une vie privé. Enfin, du moins tentait-il d'en avoir une. Il y avait des jours comme ça - surtout à cette époque de l'année, avec les fêtes et le froid qui encourageait les gens à venir chercher de la chaleur humaine - où il avait plutôt l'impression d'être simplement une machine programmée pour que tout tourne rond. C'était le cas ce jour là, il avait tant de choses à faire que le seul fait de faire la liste lui aurait prit une bonne heure. Déjà, comme tous les matins, il devait faire le tour de la maison et des filles afin de rassembler tout objet perdu par un monsieur un peu trop distrait. Comme tous les matins, il rédigeait des cartes qui disait en substance que l'objet avait été perdu au cours de la "soirée", trouvait les adresses des clients et chargeait un coursier de les ramener à bon port.

La seule pause qu'il fit, il la regretta amèrement. Après une journée de cavale dans le monde à faire des visites et des courses, il revint à la maison close et prit le temps de boire un thé dans un de ses salons privés. Et juste au moment où il se réjouissait de cette tranquillité nouvelle, on vint lui indiquer qu'un Monsieur avait téléphoné. "-Le majordome de Mr Westmore, Monsieur, qui disait que Irwin Westmore voulait vous voir ce soir chez lui à 19 heures. Il a précisé que c'était très important, Monsieur." Matt soupira longuement en remerciant sa domestique. Irwin Westmore, ce satané politicien... L'homme qui était responsable des fiançailles dans lesquelles Matt était empêtré jusqu'au cou. Qu'est-ce qu'il voulait encore ? Se pourrait-il que la demoiselle ne veuille plus de lui ? Non, cela faisait bien longtemps qu'il avait renoncé à cette idée. Il regarda sa montre. Cette invitation était très déplaisante. Il n'avait aucune envie de s'absenter ce soir, il n'avait aucune envie de subir les pressions de ce cher Irwin et il n'avait aucune envie de voir Kathleen. Il n'avait rien contre elle, elle était douce, charmante et très bien élevée mais voilà, il ne l'aimait pas. Et l'idée de s'enchaîner à une femme pour qui il n'éprouvait rien l'agaçait au plus haut point. Mais ce qu'il pensait n'avait aucune importance, Westmore était un type influent, il pouvait faire fermer sa maison close en une minute, ne serait-ce qu'en dénonçant l'alcool qui y circulait. Alors Matt se leva lentement, et même s'il n'en avait aucune envie, il fila prendre une douche.

Un peu avant 19 heures, il fut introduit à Westmore Mansion, la luxuriante demeure de sa promise, sans savoir encore pourquoi il était là. Il ne tarda pas à le découvrir, Irwin l'accueillit avec son rire grave, comme toujours et avec un coup de coude, il lui laissa entendre qu'il devait emmener sa fille au restaurant. Matt lui offrit un sourire très faux et accepta l'invitation avec un entrain tout aussi faux. Encore une fois, on ne lui laissait pas le choix. Encore une fois, il se retrouvait dans une situation qui ne lui convenait pas du tout. Mais que pouvait-il faire ? Rien. Alors il s'empressa de dire à quel point il était ravi de ce tête à tête. Leur premier tête à tête. Matt s'éclipsa ensuite une seconde, pour dire à la voiture de continuer à l'attendre dehors. Quand il réintégra le salon, Kathleen était là. Matt devait bien le reconnaître, c'était une très belle femme. Dommage qu'on ait rien en commun... pensa-t-il. Il s'avança vers elle et lui prit délicatement la main pour y déposer un baiser.

-Je suis désolé que cette invitation arrive si tard, nous aurions du avoir ce tête à tête plus tôt, mais comme vous le savez, j'ai beaucoup d'obligations professionnelles... fit-il. Matt était un véritable gentleman, il mettait un point d'honneur à l'être, même si en réalité, il appréhendait le fait de se retrouver seul avec la demoiselle. Il jeta un oeil au vieux Westmore, et son large sourire lui indiqua qu'il était pleinement satisfait de son comportement. Il reporta ensuite son attention sur Kathleen et lui tendit son bras avec un sourire. -Si vous êtes prête, la voiture nous attend.

Un instant plus tard, il aida la jeune femme à monter dans le voiture et s'installe auprès d'elle. Une fois la porte fermée, il reprit son monologue de façon totalement improvisée. -Maintenant que votre père n'est plus là, permettez-moi de vous dire que vous êtes absolument ravissante. Il lui offrit un nouveau sourire avant de reprendre: -J'espère que vous aimez l'exotisme, je me suis permis de réserver au Shanghaï Mermaid, dans Chinatown, comme c'est bientôt le Nouvel An Chinois, ça va être splendide. Il avait toujours l'air très sûr de lui et pour un peu, il se serait convaincu lui-même que tout ça était vrai. Il n'avait pas du tout réservé, évidemment, mais il avait ses entrées un peu partout et notamment au Shanghaï.

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Sujet: Re: Un Vent de Changement [Matt]   Sam 9 Juil - 21:44

Délicatement, Kate noua sur le côté une ceinture drapée. Puis elle s’admira dans la glace. Le décolleté en V au dos de cette robe taille basse en satin rendait à merveille. Elle n’en attendait pas moins d’un vêtement sur-mesure. Avec un respect profond, elle caressa un pan de la robe. La douceur de l’étoffe était un rêve. Dans son reflet, elle apprécia la propreté de la couture sur le côté qui cachait la fermeture éclair. De la dentelle d'Alençon, qui avait été perlée à la main, ornait le bas de la robe. La finition du vêtement était un pur plaisir pour les yeux.
« Félicitations à la créatrice de ce chef-d’œuvre. », s’envoya-t-elle des fleurs puisque son génie était voué à l’anonymat.
On toqua à la porte. Amélia se présenta pour l’aider à se coiffer.
« Une création personnelle, tu sors le grand jeu ! »
Les deux jeunes filles se connaissaient depuis toute petite. Elles étaient sœurs de cœur. Hormis en présence d’un tiers où la bienséance leur dictait un ton formelle, dans l’intimité, elles ne mettaient pas de barrière.
« Mais non voyons, j’avais envie, c’est tout. », dénia mollement Katie.
« Envie de séduire. », pointa avec clairvoyance Amélia.
Inutile de s’en défendre davantage, sa confidente de toujours l’avait percée à jour. Kathleen se contenta de cacher sa gêne dans un rire clair.

Sa coiffure acheva d’être en place pile au moment où un domestique venait lui annoncer l’arrivée de son prétendant. Comme une femme se devait de faire attendre, Katie trépigna dans sa chambre jusqu’à ce que son impatience l’emporte bien vite. Après un dernier encouragement d’Amélia, la jeune Miss Westmore descendit avec une grâce étudiée le grand escalier… sauf qu’elle n’eut que son père comme spectateur. C’est avec un air pincé qu’elle rejoignit le conseiller politique qui lui offrit son manteau. Elle se jurait de bouder toute la soirée puisque son père n’avait pas réussi à convoquer Matthew. L’apparition du jeune homme dénoua sa tension… quoique non. La nervosité lui avait sauté à la gorge dès qu’il s’empara de sa main pour y déposer un baiser. Si elle n’avait pas été tétanisée, elle aurait sans doute retiré vivement sa main… et regretter dans l’instant d’après !
« Je comprends, ne vous excusez pas.. », lui pardonna-t-elle dans un souffle proche du murmure.
Autant dire qu’elle avait complètement zappé qu’elle était l’initiatrice de l’invitation. De toute façon ne demandez pas trop de discernement à son esprit déjà trop préoccupé à repousser l’idée que dans quelques minutes, elle partirait sans chaperon dans une sortie en amoureux avec son futur mari. *Mon cœur va exploser*, craignit-elle au bord de la panique. Le jeune homme lui offrit alors son bras. Et là, elle aurait voulu faire pause pour évacuer son trop plein. Ils s’étaient déjà trouvés côte à côte, mais ce n’était pas pareil. Il y avait des connaissances autour d’eux, toujours quelqu’un à aller saluer et au final, ils finissaient par passer la soirée d’un bout à l’autre de la pièce. Cela ne choquait personne, les soirées mondaines étaient un lieu de socialisation. Sauf qu’on pensait évidemment que le couple de jeunes fiancés se voyait aussi à l’abri des regards... Devant finalement tenir un engagement qu’il n’avait plus de raison d’annuler, Irwin souhaita au couple une bonne soirée.
« Je vous confier ma fille, Matthew. Ne la ramenez pas trop tard. », n’oublia-t-il pas de dire.
Les paroles de son père déclenchèrent un souhait d’affirmation chez Kate. Elle n’était plus une petite fille ! Et comme elle voulait que Matthew la considère en tant que femme, elle accepta subitement le bras du jeune homme. *Prête pour le départ !*

L’impulsion de rébellion faiblit à mesure qu’elle quittait la demeure familiale. *Comment fait-il pour être si serein ?*, se demanda-t-elle quand le véhicule se mit en mouvement. Était-ce parce qu’il avait l’habitude de la compagnie des femmes ? Katie l’avait entendu une fois, et bien qu’elle ait fait comme si, en réalité, elle n’avait pas du tout compris ce qu’il fallait percuter dans ce commentaire. Elle-même avait l’habitude d’être en compagnie d’hommes et pourtant, regardez-la ! Raide de peur. Et ce n’était pas faut de savoir qu’elle sortait avec son fiancé, et non qu’on l’emmenait à la potence ! N’empêche que dans le rôle de bourreau, Matthew aurait excellé. Il ne lui laissait aucun répit ! Elle crut littéralement fondre quand il la complimenta. Il a cet intense regard sombre qu’elle soutenait difficilement. Elle se contenta d’un sourire timide qui n’était pas révélateur du plaisir qu’elle éprouvait. Il enchaîna sur la révélation de leur destination.
« Vous plaisantez ? », réagit-elle en oubliant un moment sa nervosité. « Mon père n’aime pas la cuisine étrangère, et c’est fort regrettable pour moi ! J’ai si peu l’occasion.. de… »
La fin se perdit dans un sourire. Sa satanée nervosité était revenue ! Pour se donner une contenance, elle tourna la tête vers la fenêtre comme si quelque chose de super intéressant avait attiré son attention. Non seulement il n’y avait rien d’intéressant au dehors, mais pire, elle devait lui paraître d’une insipide compagnie. Où donc était passé toute sa conversation ?!
« OH ! », s’exclama-t-elle d’une voix étouffée en butant subitement contre Matthew.
Le chauffeur s’excusa. Il avait dû braquer brusquement pour éviter un piéton distrait… ou un quelconque autre obstacle. Katie ne l’écoutait pas... Elle avait une main plaquée sur l’épaule de son fiancé. Son souffle chatouillait la naissance du cou du jeune homme. Ne pensant pas tout de suite à se dégager, elle glissa sa main pour suivre le contour de son épaule… *Parfait. Comme je le pensais*. Écartant un peu la tête, elle leva des yeux brillants à la hauteur de la bouche de son promis. À cet instant, elle désirait plus que tout lui prendre… les mesures ! Elle avait l’œil pour les physionomies, mais avec les habits, elle n’était pas totalement sûre, mais voilà vérifié, le jeune homme avait une carrure qui présageait un beau tombé. Hormis quelques cravates pour son père, elle ne s’était jamais lancée dans la mode masculine, Matthew lui inspira ce nouveau défi.
« Vous m’excusez, la secousse m’a étourdi. »
À regret, elle s’écarta. Elle aurait bien continué l’exploration, mais elle sentait de plus en plus pesant le regard du chauffeur dans le rétroviseur. Cela la démangea tant de ne pouvoir griffonner un croquis que l’embarras de l’étreinte passa à la trappe.
« Trouveriez-vous déplacé de ma part, si je vous choisis votre tenue pour la soirée du Nouvel An ? »
Elle compta dans sa tête, ça lui laissait très peu de temps. En plus la période était chargée en invitation. Bon au pire, elle ne confectionnerait que la veste et commanderait le reste de la tenue.
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Sujet: Re: Un Vent de Changement [Matt]   Dim 10 Juil - 11:25
Matthew était observateur, il en se gênait jamais pour détailler les gens, leur attitude et leur physique. Et c'était ce qu'il faisait en ce moment. Malgré le fait qu'ils soient tous les deux assis côte à côte dans la petite voiture, Matt gardait les yeux baissés sur la demoiselle. Il ne pu s'empêcher de sourire face à son enthousiasme. C'était peut-être la première fois qu'il la voyait si joyeuse, et encore, il pouvait clairement voir qu'elle se retenait de se montrer plus expansive. Il aurait du se réjouir, peut-être que finalement, seuls les convenances sociales et son propre manque d'investissement les séparait. Peut-être que finalement, ils pourraient bien s'entendre. Clairement, Matthew aurait dû être satisfait de la réaction de la demoiselle. Pourtant, au moment même où il détaillait son visage et remarquait sa motivation, en réalité, ce n'était pas elle qu'il voyait. Il voyait une autre femme à sa place, une petite blonde qui elle n'hésitait jamais à montrer ses émotions. Il détourna le regard et esquissa un petit sourire en sentant son ventre se nouer. Si seulement, cela avait pu être elle dans cette voiture, si seulement cela avait pu être elle sa promise...

Conscient qu'il ne pouvait pas se montrer impoli ou distant ce soir, alors qu'ils n'étaient que tous les deux, Matthew reprit ses esprits et tenta de chasser Mina de ses pensées. Il reposa les yeux sur Kathleen, mais heureusement, elle s'était elle aussi détournée. On doit vraiment avoir l'air de deux adolescents qui n'ont aucune idée de ce qu'ils font... se dit-il. Au moment où il allait lui répondre, la voiture fit une embardée sur le côté, et la jeune Kath se retrouva projetée vers lui. Matt sursauta. Même s'il laissait supposer le contraire, il ne côtoyait que peu de femmes. Depuis quelques temps, il n'en côtoyait même qu'une. Alors autant dire qu'il ressentit profondément ce tout nouveau contact. Leur premier contact, en fait. Il sentit la main de Kathleen glisser sur son épaule et il fut assailli par plusieurs émotions contradictoires. D'un côté, c'était agréable, mais d'un autre, il était rongé par la culpabilité. Elle ne se dégageait pas. Elle restait contre lui. Elle devait aimer ça, et c'était précisément ce qu'il aurait voulu éviter. Mais bon, il était peut-être temps de se faire à l'idée qu'ils allaient passer leur vie ensemble.

-Ne vous excusez pas, ce n'est pas votre faute, commença-t-il en secouant la tête. Alors qu'elle se dégagea, il retint doucement Kath en relevant son visage vers lui. -Vous n'avez pas de mal ? Ils restèrent un instant à se regarder les yeux dans les yeux, et Matt songea que c'était sans doute la première fois en deux ans qu'il la voyait vraiment. -Je suis heureux de pouvoir vous faire découvrir de nouvelles choses, j'espère que l'atmosphère sera à votre goût. Je ne doute pas que c'est très différent de ce que vous connaissez en effet, ajouta-t-il avec un demi-sourire.

Contre toute attente, la jeune femme continua de le surprendre en posant sa dernière question. Matt n'aurait jamais cru qu'elle puisse avoir tant de détermination en elle. Pour une raison qu'il ne connaissait pas encore, ce costume, elle semblait y tenir. Essayant de masquer la mélancolie dans sa voix il lui répondit: -Non, bien sûr que non, je suppose que c'est ce que font les femmes pour leur mari. Et puis, je vois à votre robe que vous avez des goûts très sûrs en matière de mode, sans doute plus que moi. Il n'eut pas le temps de lui poser plus de questions, la voiture s'arrêta sur le bas côté. -Chère Kathleen, je crois que nous sommes arrivés. Ne bougez pas. Il descendit en vitesse de la voiture et devança son chauffeur, auquel il indiqua de rester à l'intérieur. Il alla ensuite ouvrir la porte à Kathleen, et lui offrit même sa main avec un sourire. La soirée commençait mieux que ce qu'il avait imaginé.


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Sujet: Re: Un Vent de Changement [Matt]   Jeu 14 Juil - 20:28

Serait-il navrant pour Kat d’avouer qu’elle vivait ce soir-là son premier rendez-vous romantique ? Cela pouvait sembler être un grossier mensonge ; la petite brune avait été fiancée la moitié de sa vie. Et pourtant ! Trop jeune à l’époque du début de son premier engagement, il s’agissait plus d’une promesse lointaine. Puis quand elle fut en âge de fréquenter un homme, son fiancé fut considéré mort aux fronts. Elle dût porter un deuil rédhibitoire pour qu’on songe à lui faire la cour. À la fin d’un temps honorable, son ennui prit fin… sauf que sitôt circulait l’éventualité de nouvelles fiançailles ! Ce genre de rumeur était un repousse-soupirant par excellence, et en effet, aucun n’a poussé sa chance à l’approcher... *Une centaine de tête-à-tête galants sont vides de sens, si ce n’est pas avec la bonne personne !*, préférait-elle penser. Est-ce que Matthew était le bon ? Sans conteste, puisqu’elle se fiait au choix de son père.

C’est donc confiante d’être une chanceuse qui s’épargnerait moult errances que Kathleen écoutait son fiancé lui promettre de l’inédit... Il n’avait pas idée combien peu d’effort cela lui coûterait ! Couvée, elle évoluait dans un cercle étriqué de la bonne société new yorkaise. Heureusement que son caractère enjouée la portait à s’amuser d’un rien, sans quoi réceptions convenues et meetings à répétition la bassineraient depuis longtemps. À l’enthousiasme pour la suite de la soirée se mêla à celui de réaliser un costume d’homme. Katie bouillait d’ébauches qu’elle aurait voulu poser sur papier, sauf que pour l’heure, elle devait tenir en place. Piquée d’une audace momentanée, elle émit le souhait de commander l’habit de Matthew pour le dernier événement de l’année.
*C’est ce que font les femmes pour leur mari… ?*, répéta-t-elle à sa suite pour être sûre de bien réaliser le sens. Vraiment ? Voilà une bonne nouvelle ! En tant qu’épouse, elle aurait plein droit pour mettre main basse sur la penderie du foyer. Elle aurait donc le champ libre pour son loisir clandestin. Une coche supplémentaire s’ajouta à la colonne des « pour se marier pronto ! ».
« Vous me flattez. », tenta-t-elle sur le ton de l’humilité, dont personne ne pouvait être dupe.
L’éclatant sourire qu’elle refoulait très mal, révélait l’éminemment fière qu’elle ressentait d’avoir fait impression avec sa création.
« Ne soyez pas trop sévère avec vous-même. Votre maître tailleur connaît son métier, mais votre style n’est pas facile à rendre dans toutes ses nuances. »
C’était d’ailleurs où résidait le défi et ce qui titillait l’inspiration de Kat. Il y avait des individus au style monolithique pour qui on ne prenait pas de risque à tailler un habit. D’autres avec des singularités morphologiques pour qui le travail de finition approchait de l’orfèvrerie. Et enfin, il y avait ceux pour qui à chaque fois, on remettait son talent en jeu. Une diversité de clients à subjuguer, voilà tout le sel qui manquait à Kate, confinée à sa seule garde-robe.

Arrivés à destination, elle prit quelques secondes pour rassembler ses esprits. Moins nerveuse, elle ne devait pas moins se conformer à son rôle de demoiselle convenable sous tous rapports. La portière s’ouvrit. Elle posa sa main dans celle qu’on lui offrait galamment. La nuit tombait brusquement en cette saison, ainsi que la température. Le froid mordant ne fut cependant pas ce qui frappa la jeune femme. Ce fut le décor résolument coloré dans le coin. Il lui arrivait de traverser ou de faire un saut dans un commerce des quartiers à dominance de population immigrée, mais jamais elle ne s’y baladait dans les rues. Avec comme arrière-pensée la désapprobation de son père, sa curiosité éveillée l’entraîna à l’intérieur. Le hall la plongea dans une l’atmosphère feutrée et… sensuelle, qu’elle connaissait peu. On les débarrassa de leur manteau. Matthew s’annonça au maître d’hôtel. L’homme avait l’air au bout du rouleau le nez dans son registre. Il leur demanda de patienter un instant, le temps de préparer la table… ou d’en trouver une de libre ? Kathleen n’écouta pas l’échange, préférant guigner du côté de l’entrouverture sur la salle principale. D’après les lampions au plafond, des dames en fastueux costumes traditionnelles se devinaient une fête plein d’exotisme et de fantaisie. Un couple tout sourire en émana. Apparemment en recherche d’un coin plus intimiste pour roucouler. Pour une fois, Kate n’était pas absorbée par les tenues, son regard scrutait les traits de l’homme. Elle cherchait à le resituer. Il lui semblait familier, mais d’où… ?
« Matthew, vous ne-.. », commença-t-elle en attirant l’attention de son compagnon des fois qu’il pourrait l’aider à identification, mais se ravisa de justesse en se rappelant d’où elle connaissait l’homme.
Il s’agissait d’un Second Salemer qu’elle n’était pas censée connaître en dehors des réunions secrètes de la New Salem Philantropic Society.
« Vous ne m’avez pas donné des nouvelles de votre frère. »
Non pas son ex-fiancé disparu, mais celui qui aurait été son fiancé s’il n’avait pas déjà été engagé ailleurs... *Bien joué*, se félicita-t-elle ironiquement. Elle se sauva d’un sujet tabou en soulevant un sujet embarrassant, comme si c’était mieux ! En plus, sans doute Matthew digérait encore mal d’être le troisième choix, ce qui expliquerait son implication parcimonieuse dans leurs fiançailles.

Le maître d’hôtel attira leur attention. La table était prête maintenant. Il s’excusa du contretemps et les remercia de leur patience.
« Veuillez accompagner Mr Van Solder et son amie. », fit-il au serveur qui devait les conduire à leur table.
« Je ne suis pas que son amie. », précisa Kathleen qui ne se lassait pas de recevoir des félicitations.
Elle avait incliné sa main gauche de sorte que sa bague de fiançailles soit bien visible. Des fois que cela induirait l’homme à sauter une étape et à l’appeler Mrs Van Solder…
« Pardon, vous êtes une parente. », s’étonna le maître d’hôtel en discernant peu de ressemblance entre les deux jeunes gens, tandis que la Kat sur son nuage tombait de haut.

*Cherchez encore !*

« Seriez-vous une cousine en visite ? », tenta-t-il vaillamment de se rattraper aux branches en relevant l’air assombri de la petite demoiselle.
En toute objectivité, la brunette devait reconnaître que la nature de leur relation ne sautait pas aux yeux. Mais de là à ce que cela ne finisse pas par traverser l’esprit du pauvre homme, c’était mortifiant !
« Vous êtes presque dans le mile. Je suis sa sœur cachée qu’il vient de retrouver dans un couvent. »
Et comme l’espace d’une seconde l’homme parut douter du sarcasme, elle lui lança un regard fulminant pour lui ôter toute envie de la croire.

Contrariée dans un premier temps par l’erreur du maître d’hôtel, Kathleen prit le parti d’y rebondir à son avantage et de dissiper au passage, l’expression de son mécontentement. Tandis que le serveur ouvrait le chemin vers leur table, elle glissa avec un petit sourire à l’intention de Matthew :
« Tout le monde nous regarde. Ne voudriez-vous pas me tenir par la taille, cela serait un geste généreux pour satisfaire la curiosité de la salle. »
Le ton était à la plaisanterie, mais l’invitation était néanmoins lancée.

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Sujet: Re: Un Vent de Changement [Matt]   Sam 16 Juil - 22:32
Matthew esquissa un sourire intrigué. Son style n'était pas facile à rendre dans toutes ses nuances, hein ? Comment pouvait-elle voir cela ? Ils ne se connaissaient pas du tout. Matt aurait été incapable de dire si Kathleen avait un style particulier ou non - d'ailleurs, jusqu'à ce soir, il l'avait plutôt trouvé banale, mais c'était sans doute à cause de ses préjugés sur leur mariage. Il n'avait jamais vraiment osé la regarder, ni n'avait prit la peine de s'intéresser à elle. Ce soir il était bien obligé, étant donné qu'ils étaient seuls tous les deux. Mais en vérité, en quelques minutes à peine, elle était en train de le faire changer d'avis. Oui, décidément elle était intrigante. Elle avait réussi à voir d'un seul coup d'oeil ce style que Matt avait mis des années à trouver puis à construire. Il était impressionné. D'un autre côté, c'était une femme, elle avait peut-être un don naturel pour ce genre de choses. -Oh non, je vous assure que je ne vous flatte pas. Au contraire, c'est moi qui suis flatté que vous ayez identifié cette facette de ma personnalité. Parce que, finalement, on se connaît très peu, vous et moi. J'espère que cette soirée pourra remédier à ça, ajouta-t-il avec un baise main. Et finalement, il ne mentait qu'à moitié, puisqu'ils allaient se marier, autant qu'ils apprennent à se connaître.

Une fois dans la salle, Matthew fut quelque peu soulagé que la jeune Kathleen se perde dans la contemplation du restaurant. Il sourit face à tant d'ingénuité. Elle avait cet aspect enfantin en elle. Un peu comme Mina, en réalité. Et c'était cette innocence, cette douce naïveté qui l'avait toujours attiré chez les femmes. Il détourna son regard d'elle et s'avança vers la réception. Il claqua des doigts et l'attention du réceptionniste fut ainsi portée sur lui. Il se pencha vers lui et avec son air d'homme d'affaire il lui glissa deux mots. L'autre homme ouvrit grand les yeux et fit un geste à un serveur qui passait par là. Il lui glissa à son tour deux mots en chinois et le serveur s'enfuit dans la salle d'un air à la fois paniqué et honoré. Matt sourit et se retourna vers Kath qui justement revenait vers lui.  -La décoration est-elle à votre goût ? Je crains que nous ayons un peu d'avance, notre table sera bientôt prête, ajouta-t-il pour le cas où sa compagne se poserait des questions. Enfin, à voir son expression, ce n'était clairement pas le cas, la table semblait être le dernier de ses soucis. Matthew se demanda à quoi elle pouvait bien penser. Comme si elle avait vu qu'il s'interrogeait, elle l'interpela. Et à sa grande surprise, elle demanda au jeune homme des nouvelles de son frère. Ce dernier haussa les sourcils, très surpris par la question et soupçonnant fortement Kathleen d'avoir changé de sujet au dernier moment. Elle ne se serait pas précipité sur lui de la sorte si cela n'avait été que pour lui demander des nouvelles d'un frère qu'elle connaissait encore moins que lui-même. Cependant, même s'il ne comprenait pas, il lui répondit le plus poliment du monde.  -Il va bien, je vous remercie. Matthew n'aimait pas trop s'étendre sur le sujet de la famille, heureusement, il avait déjà rencontré le père de Kath ce soir, et il n'était pas obligé de lui retourner la question. Aussi, le sujet fut vite clos. De toute façon, on revint vers eux, pour leur annoncer que leur table était prête.

« Veuillez accompagner Mr Van Solder et son amie. » Matthew allait tout simplement suivre le jeune homme quand Kath releva la formulation de la phrase. Matt se tourna vers elle, encore une fois surpris et la regarda répondre avec sarcasme à cette homme qu'elle ne connaissait pas. Si on lui avait dit un jour qu'il assisterait à une telle scène, il n'y aurait pas cru. Lui qui pourtant n'était pas du genre à se préoccuper des convenances, il fut quelque peu gêné par l'insistance de Kath. Sans doute parce qu'elle tenait à rappeler son statut de fiancée et que Matt n'arrivait toujours pas à se faire à cette idée. Il aurait sans doute du intervenir, dire à cet homme qu'elle était effectivement sa fiancée mais déjà, il n'en avait pas envie et de deux, elle semblait très bien se débrouiller seule. Mais le pire fut quand elle lui demanda de la tenir par la taille. Devant toute l'Assemblée. Comment refuser ? Il ne pouvait pas. Encore une fois. Sans un mot et avec un sourire forcé et attira la jeune femme à lui. Au bout de quelques pas, son amertume fut dissipée. Matt était plutôt amusé de voir la curiosité et l'étonnement se peindre sur le regard des autres couples présents dans la salle. Cela lui inspira un demi-sourire. Il se pencha vers Kath et lui murmura à l'oreille : -Je crois que si votre père était là, il ferait la même tête que ces gens.

Le maître d'hôtel se chargeant d'installer Kath, Matt s'éloigna d'elle et alla prendre place sur la chaise en face d'elle. Ils étaient très bien placé, dans le fond de la salle, près d'un mur, très en retrait par rapport au reste de l'assemblée. Une fois le maître d'hôtel reparti, Matthew regarda Kath avec des yeux brillants d'amusement. -Je ne vous savez pas si... joueuse, finit-il par lui dire. -J'imagine que vous avez l'habitude de briller dans ce genre d'assemblée, c'est un talent naturel pour vous que de savoir attirer l'attention, termina-t-il avec un sourire admiratif. Il reporta ensuite son attention sur le menu, et même s'il avait l'habitude de venir ici, il était toujours impressionné par le choix proposé. Il passa quelques secondes à parcourir les plats mais il était fatigué, et il n'avait pas envie de choisir quoi que soit. Pourtant, il devait bien commander. Il releva alors les yeux vers Kath et l'interpella. -Kathleen, ma chère, voudriez-vous choisir un plat pour moi ? Si vous avez des goûts si sûrs en matière de mode, j'ose croire qu'il doit en aller de même dans tous les domaines. Je vous fais confiance, choisissez-donc pour nous deux.

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Sujet: Re: Un Vent de Changement [Matt]   Mer 20 Juil - 19:02

*Tout va bien, c’est ton fiancé*, se raisonna Kath en regardant en biais la main sur sa hanche. Elle bataillait contre la méchante envie de la claquer, ou même de la pincer, n’importe quoi qui la ferait lâcher prise. Pourtant, elle l’avait invité à cette étreinte… sauf qu’elle ne s’était pas imaginé ce je ne sais quoi de plus intime et de carrément perturbant qu’elle ressentait avec le bras de Matthew autour d’elle. Chez les autres couples – tant que cela restait décent, évidemment – ce contact dégageait naturel, tendresse, et surtout facilité. Pourquoi dans leur relation, cette proximité lui paraissait outrancière ? À nouveau crispée, elle en retenait presque son souffle et dieu sait qu’elle aurait eu besoin d’un gros bol d’air. Regards sur Matthew, regards sur elle. Interrogation et étonnement se lisaient sur les visages qui remarquèrent leur passage. Si Matthew était un habitué des lieux, il n’a pas dû beaucoup évoquer ses noces à venir… *Très gentleman*, préféra-t-elle interpréter ainsi la discrétion de son promis. Sans doute était-elle en tort de vouloir exposer leur engagement. Alors qu’elle s’apprêta à rompre délicatement leur rapprochement, Matthew se pencha… et la liquéfia instantanément !

Incapable de piper mot, elle n’abonda ni ne réfuta sur l’attitude de son père. Juste contente qu’il ne soit pas présent pour surprendre sa confusion. Les joues rosies et le pas incertain, elle ne sut pas démêler quel trouble l’avait saisie ainsi en traître. Cela lui importait peu, l’urgence était de s’écarter de Matthew. Heureusement, ils atteignirent leur place. Le soulagement ne fut pas clair quand il la libéra… Regrettait-elle son corps contre le sien ? Son bras qui la serre ? L’agréable torture de cette étreinte ?
« Merci. », fit-elle reconnaissante à la fois du siège qu’on lui avait tiré et qu’on coupe court au mal de tête carabiné qu’un trop plein de questions sans réponse déclenchait généralement.
Elle prit une attention particulière à contempler leur table, les lampions au plafond, le pliage de la serviette… Seulement, elle dût se résoudre à recroiser l’intense regard de son cavalier. Elle ne put s’empêcher de sourire toute suspendue à ses lèvres… *Joueuse ?*. L’était-elle ? Passant la moitié du temps à s’occuper seule, il est vrai qu’elle profite plus intensément des moments avec de la compagnie.
« Vous me taquinez à cause de tout à l’heure. », fit-elle indécise sur la façon de prendre la remarque.
Joueuse, était-ce un trait dont une femme convenable devrait s’en flatter ?
« Je n’aurais pas dû. »
Le maître d’hôtel avait touché une corde sensible. Si elle recherchait tant les félicitations, c’était d’une part pour la convaincre de la réalité du mariage à venir et d’autre part, pour lui faire ressentir – même si c’était fugitif – la félicité d’une fiancée. Elle se demanda un moment comment lui vivait leur engagement. Leur relation était-elle aussi confuse pour lui ? De simples connaissances, ils avaient été propulsés futurs mariés…
« Matthew, j’en appelle à votre clémence. Pardonnez cet égarement de ma part. », conclut-elle avec une légèreté qui la caractérisait.

Elle sourit quand il détourna ses artifices en talent naturel. Bien obligée de savoir attirer l’attention si elle voulait qu’on remarque sa présence ! Sa petite taille n’aidait pas en imposer, mais même sans, elle n’était pas dotée d’une beauté qui la sortait du lot au premier regard. *Ce soir, c’est facile de briller, je n’ai pas à souffrir de la comparaison. Vous êtes tout à moi !*. Elle ne bouda néanmoins pas son plaisir et sourit joyeusement au compliment.
« Parlez pour vous ! », lui rebondit-elle sur un air faussement jalouse. « Vous n’avez qu’à croiser leur regard pour subjuguer toute la gente féminine. ». Elle s’empara de la carte. « Peut-être faudrait-il que je songe à vous offrir un bandeau ? »
Un serveur qui passa à côté leur jeta un drôle de coup d’œil. Kathleen ne remarqua pas et ouvrit sa carte pour considérer les plats. Elle tourna les pages sans reconnaître un seul nom de plat. Il y avait même des noms – sans doute d’épices – dont elle n’avait jamais entendu parler. Elle leva les yeux vers Matthew, qui en avait fait de même. Elle sentit la télépathie les connecter sur la même longueur d’onde… ou pas ! Il ne se proposa pas de l’aiguiller, au contraire, il lui donna carte blanche...
« Je ne voudrais pas vous donner tort. », prit-elle à cœur d’être digne de la confiance de son fiancé.
Forte de cette motivation, elle replongea aussitôt dans la lecture du menu. Le choix de la sécurité serait de prendre les suggestions du Chef, mais cela aurait été une piètre manière de répondre à la confiance offerte. Une vive clarté se répandit sur la scène. Des danseurs surgirent des coulisses et se retrouvèrent en pleine lumière. Distraite par le spectacle, Kathleen referma sa carte.
« Leur costumes sont magnifiques. », remarqua-t-elle plus pour elle-même.
Le tableau ne dura pas longtemps, mais l’intensité y était avec le flot de couleurs qui virevoltaient sur scène. La brunette applaudit, enchantée. Et avant qu’elle put revenir sur la carte, un serveur se présenta et demanda s’ils étaient prêts à commander. Comme davantage de temps ne l’aiderait pas, elle décida de se fier à l’intuition.
« Oui. Alors… »
Elle rouvrit sa carte, comme si elle savait ce qu'elle voulait.
« Nous commencerons par une salade.. »
Un rapide scannage de la page et elle arrêta son choix. Elle essaya de prononcer le nom en chinois. Le serveur eut un sourire embarrassé mais n'osa pas lui redemander, ce qui la fit rire.
« C'est-à-dire celle-ci, s’il vous plaît. », fit-elle en pointant sur la carte.
Le serveur prononça le nom. Elle le répéta, mais sans amélioration notoire.
« Je manque de pratique. Je retenterai ma chance la prochaine, pour ce soir, soyez ma voix. »
Elle continua de pointer, même si elle aurait pu donner les noms en anglais. Elle trouvait du charme d’entendre une langue étrangère. Elle leur commanda un assortiment d’entrée, puis partagea son hésitation : tout lui semblait si délicieux ! Le serveur suggéra la possibilité d’avoir des plats avec de plus petites portions. C’était le signal pour que Katie s’en donne à cœur joie ! Elle piqua un premier plat de porc sauce aigre douce, un curry au bœuf, et un plat de canard laqué, obligé ! Elle guigna du côté de Matthew, était-ce suffisant ? Son fiancé était costaud, il devait avoir un appétit d’ogre. Pour apporter du sain, elle choisit un dernier plat de poisson dont l’illustration l’avait tapé dans l’œil avec les petits carrés de légumes de différentes couleurs.
« Et… ça sera tout, merci. Il faut réserver de la place pour les desserts. », rappela-t-elle à l’intention de Matthew au cas où celui-ci craignait de rester sur sa faim.
Le serveur les interrogea sur les boissons. Il n’y avait rien d’alcooliser sur la carte et de toute façon, pour garder du self jusqu’à la fin de soirée, Kathleen opta pour le respect des apparences. Elle se commanda un cocktail fruité et de l’eau.

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Sujet: Re: Un Vent de Changement [Matt]   Ven 9 Sep - 20:05
Elle était tellement naïve, tellement jeune et tellement sous son charme... Matt se sentait mal à l'aise. Il ne savait plus quoi faire. Il avait envie de fuir, parce qu'il ne ressentait pas la même chose et qu'il aurait voulu arrêter de lui faire croire le contraire, il savait pertinemment qu'il ne l'aimerait jamais mais il restait là, avec elle, c'était trop malhonnête pour lui. Mais d'un autre côté, elle faisait énormément d'efforts pour qu'il se sente bien, plus que Mina n'en avait jamais fait, et plus qu'elle n'en ferait sans doute jamais pour lui. Mais Mina n'a jamais eu à faire d'efforts, pourquoi en aurait-elle fait, tout allait bien de façon naturelle entre vous, tu n'as jamais eu à faire d'efforts non plus. Avec Kat, c'était différent. Trop différent. Et finalement, le coeur du problème était là. Cela faisait des semaines et des semaines qu'ils se côtoyaient mais rien n'y faisait. Elle avait beau être très gentille, très souriante et vraiment heureuse de se marier, de leurs côtés les sentiments de Matt restaient rigoureusement les même, et il savait désormais que ça ne changerait jamais. Il ne l'aimait tout simplement pas. Il aimait Mina. Si seulement il avait pu la rencontrer plus tôt, il n'aurait pas eu à jouer toute cette comédie. Mais bon, les circonstances étant ce qu'elles étaient, Matthew se força à sourire avec le plus de conviction possible. Il était clair qu'il ne serait jamais heureux avec Kat, mais ce n'était peut-être pas réciproque. Peut-être y avait-il une chance que ce mariage convienne à la jeune femme, elle le méritait, Matt devait tout faire pour ne pas détruire cet espoir. Une seule vie gâchée, c'est déjà suffisant. D'un geste mental, il effaça donc Mina de ses pensées afin de se reconcentrer sur sa compagne.

-Ma chère, sachez qu'il est dans mon caractère de taquiner les autres, c'est un peu ma façon à moi de vous montrer mon affection, osa-t-il finalement lâcher. Après tout, il n'était pas à un mensonge près. -Quand à votre... égarement, ce n'en est pas un, je crois. Vous avez eu raison de le reprendre, et si j'avais été un vrai gentleman, je l'aurais fait moi-même. Aussi, c'est moi qui vous présente mes excuses.

Les paroles de la jeune demoiselle ne manquèrent pas d'interpeler Matthew. Alors qu'elle sembla se cacher derrière sa carte, Matt reporta son attention sur la dite gente féminine présente dans la salle, ce qu'il n'avait pas réellement fait jusqu'à présent. Il était charmeur oui, mais pas lorsqu'il était déjà en bonne compagnie. Était-elle jalouse ? C'était bien la première fois qu'elle évoquait le sujet avec lui. Mais visiblement, c'était quelque chose qui avait du la tracasser souvent. Et il est vrai que par le passé, Matt avait eu des occasions de la rendre jalouse, lors des soirées mondaines, il ne restait pas spécialement avec elle, aussi chaque fois qu'il devait s'approcher d'une autre jeune femme, elle devait se sentir offensée. Encore une fois, Matt faisait beaucoup de mal à la jeune Kat qui semblait uniquement désireuse d'obtenir son approbation. Il se sentit obligé de s'en excuser, aussi il posa doucement une main sur la carte afin de forcer la jeune femme à relever les yeux vers lui.

-Kathleen... Je n'ai pas l'habitude de ce genre de situations. Je veux dire, témoigner de mes sentiments n'est pas ce que je fais de mieux, je n'aime pas ça, à vrai dire. Mais cela ne change rien. Vous êtes ma fiancée, vous allez être ma femme. Aucune autre personne ne peut prétendre à ce titre, c'est tout ce qui importe. Prononcer ces mots provoquèrent une drôle de sensation chez Matthew, son coeur se serra et il dû faire un effort pour ne pas se laisser submerger par une tristesse infinie. Heureusement pour lui, le serveur vint les interrompre, désireux de prendre leur commande. Matt fit signe à sa fiancée qu'elle pouvait se lancer et elle se lança effectivement. Elle commença par essayer de prononcer le nom des plats puis se laissa guider par le serveur. Elle lui indiquait plat par plat ce qu'elle voulait sur la carte, et la liste n'en finissait pas. Avait-elle un si grand appétit ? A voir sa taille de guêpe, il était impossible qu'elle puisse avaler autant de nourriture. Commandait-elle tout cela pour lui ? Il eut presque envie de sourire, elle était vraiment prévoyante avec lui, on voyait qu'être une parfaite épouse avait été son objectif toute sa vie. Quand le serveur lui demanda ce qu'il désirait boire, Matt sortit de ses pensées. Il toussota pour se redonner contenance pis décida de faire comme sa compagne et de prendre un cocktail. Il aurait bien bu un petit martini mais même si elle l'avait déjà vu boire dans certaines soirées où l'on contournait la prohibition, il ne connaissait pas son avis sur la question et il ne voulait pas la froisser, pas après tous les efforts qu'elle avait fait pour lui.

-Kathleen vous avez commandé assez à manger pour plusieurs jours ! rit-il une fois le serveur parti. Vous avez bien fait, continua-t-il pour la rassurer, ainsi nous pourrons goûter à toutes les spécialités, étant de nature curieuse, cela me convient parfaitement. Par contre, je vous avoue que je ne suis pas très gourmand, il est possible que je passe mon tour pour le dessert, mais vous ma chère, ne vous privez pas, ceci est votre soirée.

Le serveur revint avec les boissons quelques secondes plus tard, Matthew le remercia et leva son verre. -Portons un toast, ma chère ! A quoi voulez-vous trinquer ? Pour ma part, je lève mon verre en votre honneur, je n'aurais pas pu trouver de femme plus dévouée, je crois. Il se tut un instant, et une idée lui vint en tête. Elle était sans doute mauvaise, mais il souhaitait faire quelque chose pour remercier la jeune femme et tout ce qu'il avait à lui offrir, c'était la vérité. -Chère Kat, j'aimerais vous parler de quelque chose... C'est un peu délicat, mais j'éprouve le besoin d'être sincère avec vous autant que vous l'êtes avec moi... Votre père ne vous a pas dit ce que je fais dans la vie n'est-ce pas ?

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